Siriki KY

Il y a toujours dans l’œuvre de KY SIRIKI, un versant emblématique prononcé, qui renvoie à ses origines africaines, en véhiculant les traces d’une culture millénaire à laquelle ont puisé, souvent outrageusement, tant d’artistes occidentaux.

Bien que passant la majeure partie de son temps à Paris, donc au fait des derniers ressacs de l’art de son époque, KY Siriki est tellement imprégné affectivement et biologiquement de sa terre natale qu’il n’a jamais renoncé à l’intégrer dans les rebondissements de son parcours. Et ceci, sans choix dans l’illustration ou la sensiblerie exotique, mais avec une grande variété d’approche et une imagination qui caractérisent la libération de son identité, loin des mimétismes inopportuns. Par l’expressivité de ses transformation, son art tantôt figure de manière plutôt barbare, tantôt efface l’anecdote, tantôt la dilue au cœur des racines enfouies de sa mythologie, qui est conjointement celle de l’histoire de son peuple, dont il réussit à faire revivre l’essence. Fragments de cases colorés, motifs décoratifs, reliefs anthropomorphes, bois torsadés à peine retouchés, nimbés d’une mystérieuse signalétique ou sanglés d’étoffe, torses allusifs en métal doré aux épidermes corrodés, colonnes totémiques en forme de vase ou de faciès rigoureusement ouvrages, scandent un hymne à l’homme et à la vie. Une vie qu’il souhaite formuler à l’état brut, avec ses attributs originaires coulés dans les incessantes métamorphoses de ses thèmes. En marge de toute pente imitative, c’est donc la force naturelle émise par ses structures et leur contenu testimonial, la synthèse de leurs formes contrastées et leur distribution simplifiée à l’extrême la complémentarité des plus infimes accidents constitutifs de la surface et le souffle hiératique des armatures qui donnent à l’œuvre à la fois intimiste et monumentale de KY Siriki, l’efficience de son ordonnancement et sa puissance sublimatoire.

Gerard XURIGUERA
Critique d’art

Oeuvres